All posts by admin

Du nouveau dans l’Affaire Carlos Ghosn

Un internaute me signale une nouvelle affolante qui court sur la toile: Beyrouth s’apprêterait à proposer la nomination de Carlos Ghosn comme Ambassadeur de la République libanaise auprès de l’Etat du Japon, avec l’immunité qui serait attachée à ce titre. L’ambassadeur du Japon à Beyrouth aurait déjà signalé le fait que cette proposition serait immédiatement refusée si elle était faite, et que l’Empereur, alerté, aurait dit “We are not amused“, un peu à la manière de la Reine du Royaume Uni.

Cela sent l’intox à plein nez.

Antispécisme

Une vieille dame, dans une lettre acheminée par la Poste, m’écrit ceci:

“Je comprends les végétariens, végans, antispécistes, tous ceux qui refusent d’assassiner les animaux, mais je voudrais leur rappeler une question posée par Alphonse Allais, un humoriste du début du siècle dernier: lorsque vous faites cuire vos légumes dans une casserole d’eau, vous condamnez à une mort atroce des milliers, voire des millions, de micro organismes qui y vivaient en paix. Auriez-vous le courage d’allumer le feu sous un immense récipient qui contiendrait des milliers, voire des millions, de chevaux, de chiens ou de chats ? Passe encore de tuer des végétaux, mais commettre un génocide pour les faire cuire, quelle honte!”

Madame, je vous réponds, comme l’aurait fait le regretté Alphonse Allais, que les antispécistes ont d’autres chats à fouetter.

Vieillisme

Je reçois le message suivant:

” Cher monsieur Houatfeu, on ne peut pas voter avant d’avoir dix huit ans, alors est-ce qu’on ne pourrait pas limiter aussi le droit de vote des vieux, par exemple à soixante dix ans, comme cela tous ces cacochymes arthritiques, qui ne comprennent plus rien à leur époque, pourraient cesser une bonne fois pour toutes de s’occuper de nos affaires et de notre avenir, à nous les jeunes, ils nous ont déjà d’ailleurs assez cassé les pieds, pour rester poli, quand on étaient petits”.

Bonne idée, tant que vous ne les éliminez pas physiquement.

Deng Xiaoping, pong

Ce qui se passe à Hong Kong me rappelle un vieille plaisanterie:

  • 1997 retour de HK à la Chine : one country, two systems
  • Après le coup de force de Pékin contre HK et Taiwan: one country, one system
  • Après la chute du parti communiste : one country, no system
  • Après la guerre civile et la partition de la Chine: no country, no system

Feu!

La violence des rues est justifiée par la violence sociale,
La violence politique par l’objectif à atteindre,
La violence révolutionnaire par la révolution,
La violence religieuse par la religion,
La violence islamiste par la violence faite aux musulmans,
Les violences policières sont injustifiées.

La violence contre les femmes est inacceptable,
La violence contre les enfants aussi,
La violence contre les animaux de même.

La violence de la nature est naturelle,
La violence des animaux aussi,
La violence pathologique est provoquée par des toxines.

La violence d’Etat est légitime,
La violence économique nécessaire pour atteindre des succès économiques,
La violence symbolique explicable par la volonté de domination d’un groupe,
La violence criminelle compréhensible comme l’envers des violences sociales, étatiques, économiques, psychologiques.

La violence des sentiments donne parfois des circonstances atténuantes,
La violence raisonnable sur les enfants reflète la volonté d’autorité parentale,
La violence peut-être est acceptable en cas de légitime défense,
La cyber violence est le fruit de la solitude dans le cyber espace.

Soupe populaire

Ce jeune politicien rêvait de gagner les élections, devenir Président, mais le peuple imprévisible ne suivait que ses caprices, on ne savait jamais comment il allait voter.
Pour être populaire dans les sondages et dans les urnes, fallait-il « plaire au grand public, aux plus nombreux, avoir un langage conforme au goûts de la population la moins cultivée, un vocabulaire bon pour le peuple, s’attirer l’affection du commun des hommes, du vulgaire, de la foule ». Les définitions des dictionnaires, et de certains textes classiques, semblaient le pousser à se mettre au niveau des benêts qui, apparemment, faisaient le vote populaire.
Mais lui, il était l’élite, un des moins nombreux, un des plus cultivés, il avait été éduqué dans une famille aisée, entouré de livres, de musique, d’élégance et de courtoisie, comment pourrait-il pratiquer une langue, avoir des attitudes incompatibles avec son milieu, son éducation ? Tout avait été fait, dès l’enfance, pour qu’il accède aux plus hautes fonctions, il saurait résoudre les questions les plus compliquées, parler aux européens dans leurs langues.

Au moment où l’alternance des deux partis allait favoriser ses desseins politiques et paver son destin, une vague populiste emporta tout, les élites comme lui devinrent impopulaires et provoquèrent même des sentiments de haine chez beaucoup de gens. Il eut beau essayer de s’adapter, de faire peuple, de s’habiller modestement, de parler d’une manière qui lui paraissait recevable par les gens des classes et des quartiers populaires, rien n’y fit.
Son image resta celle d’un privilégié, d’un être raffiné, et quand il s’efforça d’énoncer des idées reçues, d’être familier, limite grossier, il eut chaque fois l’air d’un mauvais comédien.

Alors, un homme venu des quartiers populaires, qui ne prenait pas les gens pour des idiots congénitaux, et qui semblait savoir avec précision ce que voulait le peuple, fit un carton dans les sondages, il allait à coup sûr gagner les élections, il promettait une république populaire.
Le jeune politicien allait se résigner à se faire battre, mais le chaos créé dans les rues pendant la campagne par les populistes de tous bords fut tel que les élections furent reportées.

Dans son milieu, on décida que le moment était arrivé, on ne pouvait pas laisser l’Etat, la Nation et tout le tremblement (en particulier leurs retraites de cadres supérieurs et de hauts fonctionnaires) aller dans le mur. Le jeune politicien, sous la pression de ses amis, accepta d’être porté au pouvoir par la force, de remettre de l’ordre, gouverner, ordonner, réprimer, guider la France sans trembler, mais de manière éclairée, en personne de qualité, bien entendu.
A sa grande surprise, dès le lendemain du coup d’Etat, il devint très populaire, il était acclamé par la populace, les foules étaient en liesse partout où il allait, on célébrait l’homme fort, providentiel, le sauveur de la France, et cela ne fit qu’augmenter au fil de la dictature.

Grisé par cette popularité inédite, et inattendue, il décida après quelques années de convoquer des élections présidentielles et de s’y présenter, pour se donner enfin la légitimité démocratique qui lui manquait, et il les perdit, de manière spectaculaire, il eut à peine un tiers des voix.

Compliqué, la politique, pensait-il, dans la queue de la soupe populaire, à sa sortie de prison.

Arroseur arrosé

A Dallas, en mai 2018, tout avait bien commencé dès le premier jour, les exposants frôlaient le millier, un record absolu, et les participants les cent mille, un score très élevé.
Les ventes étaient au plus haut et tout était prêt pour la grande convention, qui réunirait plus de 30.000 personnes dans l’immense salle des congrès de la ville.

Le jour venu, on s’entassait dans la nef caverneuse, tandis que sur les écrans géants, on repassait la vidéo d’un vieil acteur plus très frais qui brandissait avec la tremblote une vieille pétoire et articulait avec difficulté des formules pompeuses.

Le grand discours allait commencer, la tribune était au complet, personnalités politiques, du monde des arts, industriels, journalistes, animateurs, et c’est à ce moment précis qu’ils entrèrent par les issues de secours, ils étaient habillés de noir et armés jusqu’aux dents avec les derniers modèles de fusil d’assaut, qu’ils avaient achetés la veille sur les stands de l’exposition, quand on y repensa, après, quel coup de génie de leur part.

Ils tirèrent dans le tas et, comme le dit plus tard l’analyste militaire d’une grande chaîne américaine, « ils ont fait un sacré score (« a good hit ratio ») compte tenu de leur entraînement limité et de leur armement ». Le score s’était en effet arrêté à 658 morts et 1200 blessés graves, une vraie performance, même pour les USA.

Le plus gênant fut d’avoir à expliquer que la convention en question était celle de l’Association Nationale de la Carabine (« National Rifle Association », ou « NRA ») et que la majorité des victimes étaient des membres de la NRA.
Il fallut aussi quelques détours de langage pour préciser le fait que l’on avait demandé à tout le monde de laisser leurs flingues à l’entrée, et que les tueurs eux aussi étaient membres de la NRA, déçus par « la mollesse récente de l’attitude » de leur lobby

Ils voulaient faire un petit coup de pub.

Et de fait, les conséquences de cette attaque furent plutôt bénéfiques pour l’association.

D’abord, on nota un accroissement de 0,5% de nouveaux adhérents, soit 25.000 de plus que les cinq millions qu’elle comptait avant l’attaque, et comme celle-ci n’avait fait que mille morts ou blessés parmi les anciens adhérents, de ce point de vue-là, c’était assez satisfaisant. Certains dirigeants se félicitèrent même en privé du renouvellement.
Par ailleurs, les ventes d’armes augmentèrent sensiblement, aidé par une campagne de promotion après l’attaque, qui montrait que si l’on avait laissé les participants à la convention garder leurs armes, le nombre de victimes aurait été très inférieur.

Enfin, les actions des compagnies qui fabriquaient les fusils d’assaut utilisés par les tueurs tombèrent subitement, car ceux-ci avaient été empêchés de faire un carton plus conséquent sur les amoureux d’armes, à cause de l’enrayement de leurs machines. Ils avaient été tués par les vigiles armés de l’association qui gardaient la salle qui avaient hésité à tirer lorsqu’ils avaient vu les badges NRA sur la poitrine des assassins, honorablement connus de la maison.

P.S. : Allez, si vous avez le temps, sur le site de la NRA et visionnez la bande annonce de la future convention qui se déroulera du 3 au 6 mai 2018, dont on espère qu’elle sera sans incident !
Extraits :
– “14 acres of guns and gear” (60.000m2 de flingues et d’attirail), 80.000 patriotes, 800 exposants
– “une bonne occasion de réunir sa famille” dit un père radieux
– « on vient chaque année » disent deux adolescent ravis

Grand vide au Moyen-Orient

On leur avait pourtant dit de tous côtés d’arrêter de forer sans retenue, n’importe où et n’importe comment. Mais l’appât du gain, les besoins financiers pour payer les travaux gigantesques et somptuaires dans leurs capitales, sans compter leur train de vie personnel, tout cela fit qu’ils continuèrent, les dirigeants du Moyen Orient, à forer, forer, forer, de plus en plus profond et de plus en plus large.
Ce qui devait arriver se produisit, un jour tous ces trous, ces cavités gigantesques vidées de leur contenu visqueux, ou de leur gaz, se réunirent entre elles, la surface de la terre de la région se mit à trembler et badaboum, une nuit, un immense trou unique se forma, presque tout le Moyen Orient y disparu et la mer s’y engouffra.
Dès le matin, quand la nouvelle tomba, les réactions furent mitigées.
Les politiciens étaient assez ravis car ils n’avaient jamais bien compris les enjeux de la région, toutes ces tribus, ces variantes de l’islam, cette écriture en vermicelle, tout ça leur cassait un peu les pieds et ils redoutaient comme la peste les questions des experts affutés sur la chose, en direct à la télé ou la radio. Dans les réunions internationales, à l’ONU par exemple, ou sur le terrain dans la région, pas de souci, il y avait toujours des dizaines d’experts qui leur préparaient des discours intelligents qu’ils lisaient avec application.
C’est d’ailleurs là que la disparition du Moyen Orient fit le plus de dégâts, chez les historiens, les chercheurs, les diplomates ou du moins les rares qui entravaient sur la région. En France, la panique à l’EHESS, au CNRS, à Science Po’ fut égale à celle que l’on avait connu à la fin de la guerre froide, même chose dans les universités aux USA et en Grande-Bretagne.
On nota par ailleurs le fait que les deux seuls pays qui étaient resté au bord du gouffre étaient Israël et le Liban, et que tous les pays qui étaient passés à la trappe étaient musulmans, ce qui provoqua une volée de fake news et de théories du complot en ligne, qui se dissipa vite.

Les plus fumasses, finalement, ce sont les gens du Louvre, dont certaines des plus belles pièces gisent par des centaines de mètres de fond, quelque part.

Les bijoux de la Kardashian

La Castafiore, comme Kim Kardashian, que nous appellerons KK, est définie comme une personne « bien charpentée » (c’est une litote), couverte de bijoux (ce qui était vrai de KK, avant Paris) au goût vestimentaire douteux et mondialement reconnue, une vraie ressemblance donc.
Deux choses les distinguent toutefois, KK n’a pas la voix puissante de Bianca Castafiore, car elle ne chante pas, c’est son mari, le rappeur, Kanye West qui chante, son protecteur n’est ni grec ni metteur en scène comme Rastapopoulos (mais aussi colérique, apparemment).
Comme la Castafiore, elle se fait piquer ses bijoux et comme la cantatrice elle était accompagnée au moment du délit de son habilleuse qui ne s’appelle pas Irma, mais qui a donné l’alerte (espérons qu’elle ne la soupçonne pas injustement comme Bianca).

Le contexte du vol est très dramatique, la pauvre KK était à peine remise d’un bizutage typiquement parisien, lorsqu’un de nos compatriotes avait entrepris d’embrasser son postérieur en pleine rue (j’utilise à dessein le verbe « entreprendre», car la tâche doit être immense).
Elle jouit d’un repos bien mérité à l’hôtel de Pourtalès, une famille suisse dont la devise sied aux Kardashian (« quid non dilectis »). On l’imagine, le corps somptueux, enfin presque, couvert très partiellement par un tissu transparent, couchée sur un canapé en cuir qui crisse sous son poids, en train de s’empiffrer de macarons Ladurée.
Soudain, la police française, revêtue des blousons et des casquettes Sarko, pour faire  plus américain, entre en scène sans frapper et lui met un revolver sur la tempe, ce qui provoque des remous dans son botox. Persuadée qu’il s’agit d’une surprise orchestrée par son mari, elle se laisse faire en pouffant des restes de macaron, mais les choses empirent, car les faux poulets révèlent leurs intentions.
Elle est ligotée dans la salle de bain (on imagine la quantité de cordes que les malfrats on dû…, enfin, passons). Est-elle attachée au radiateur, ficelée sur le bidet (berk, berk, la France), ou pire à même le sol, enroulée dans le rideau de douche d’un blanc douteux et bâillonnée avec la serviette du bidet (berk, berk, berk, la France) ?
En tout cas elle git là de sa masse imposante sur le marbre froid, quasi nue comme d’habitude, tandis que les nuisibles filent avec tous ses bijoux. Heureusement, Irma l’habilleuse (j’ai oublié son vrai nom) s’était cachée dans l’appartement (au placard à balais, sous l’évier de la kitchenette, dans le dressing?) et elle a pu donner l’alerte. Sont-ce nos braves pompiers qui ont entrepris (de nouveau, je ne trouve pas d’autre verbe qui corresponde à l’ampleur de la tâche) de libérer le corps somptueux, voir légèrement boudiné, de KK ?
Le seul élément positif de cet événement regrettable est qu’une audience américaine a eu la joie d’être soulagée d’une moitié d’un concert de Kanye West, qui l’a interrompu pour « raisons familiales» (quel sorte d’homme pourrait rester au bureau à turbiner, sachant que sa femme est ficelée au bidet d’une salle de bains à l’autre bout du monde et qu’on vient de lui chauffer pour dix millions de bijoux ?).
Si le morceau de bravoure de la Castafiore était « l’air des bijoux», on peut relire avec intérêt un des tubes de Kanye West, qu’il a eu le temps ou pas de chanter ce soir là.
Titre : “niggas in Paris”
Extraits de texte : « I am supposed to be locked up too, you escaped what I have escaped, you’d be in Paris getting fucked up too, ball so hard, lets get faded, le Meurice for like 6 days…; fuck that bitch she don’t wanna dance, excuse my French but I am in France etc. etc.
Refrain: “Got my niggas in Paris and they gorillas, huh!”
Yo.